Actualiser la fonction, accompagner les parcours

Cinq ans après la première version du référentiel métier, la fonction de dircab au sein de l’ESR a profondément évolué. Béatrice Mérand, directrice de cabinet à Nantes Université et Julia Cornalba, directrice de cabinet à l’Inalco, reviennent sur les travaux engagés et sur les axes d’accompagnement de la profession.

Sur quels aspects le référentiel mérite-t-il une mise à jour ?

Béatrice Mérand : Cette fonction est désormais bien inscrite dans les gouvernances et a acquis une dimension plus stratégique. Cette évolution devrait permettre de mieux décrire les attendus et de mieux rendre compte des profils recherchés pour ces fonctions. De fait, on constate une ouverture des recrutements à des personnels dont l’expérience professionnelle est confirmée et des agents titulaires de
catégorie A mais aussi A+.

Quelles sont les évolutions les plus significatives du métier ?

Béatrice Mérand : La dimension stratégique et de conseil a pris une place très nette dans la fonction. Le dircab est le sparring partner du (ou de la) Président(e). Il contribue à l’animation des gouvernances et au bon fonctionnement de l’établissement. Il contribue aussi activement à la construction des politiques partenariales et aux relations publiques de l’établissement, à l’échelle locale, nationale mais aussi internationale. Dans un certain nombre de cas, les directions de la communication y sont également rattachées.

Quel pilotage est prévu pour la révision du référentiel et quelle en est la temporalité ?

Béatrice Mérand : Ce référentiel métier est un outil au service de la politique RH du MESRE ; c’est donc bien sûr avec le ministère que cette révision doit être travaillée. La DGRH et la DGESIP seront sans doute les deux directions les plus concernées. Nous avons des propositions à faire et nous venons d’ailleurs de saisir le ministère pour que les travaux puissent être menés à bien en 2026.

Quels dispositifs de formation peuvent accompagner ces transformations du métier ?

Julia Cornalba : La révision du référentiel permettra de définir un profil type du dircab de l’ESR, en faisant un outil précieux pour proposer des formations adaptées. Notre partenariat avec l’IH2EF nous a permis d’accompagner la professionnalisation de la fonction, en complément des séminaires co-organisés avec France Universités, sur l’actualité de l’ESR. L’enjeu actuel est de proposer des formations mieux adaptées aux profils très diversifiés des dircabs. Se pose dès lors la question de l’intégration des dircabs au dispositif ministériel d’accompagnement individuel des cadres, dont ils ne peuvent bénéficier aujourd’hui.

L’association propose des formations via son partenariat avec l’IH2EF. Comment s’inscrit la réflexion autour de ce partenariat ?

Julia Cornalba : Nous venons de terminer le premier cycle triennal de formations en partenariat avec l’IH2EF. Le cycle 2025-2028 sera consacré à l’anticipation des risques, la gestion de crise et la sécurisation de l’activité, dans un contexte de judiciarisation et médiatisation croissantes. Nous avons également la possibilité d’ouvrir à nos collègues certaines formations thématiques comme ce fut le cas sur les ingérences étrangères.

Quels acteurs vous semblent les plus légitimes pour accompagner le développement des carrières ?

Julia Cornalba : Nous souhaitons proposer des accompagnements individualisés de carrière tels que prévus dans la revue des cadres du ministère. L’association continuera quant à elle à proposer des moments de co-développement et d’échanges de bonnes pratiques, tout en prévoyant des « webinaires flash » sur des sujets d’intérêt pour nos adhérents. Enfin, nous développons des relations avec des cabinets de recrutement, pour lesquels les dircabs constituent des profils attractifs, notamment pour la fonction publique territoriale.